14 mai 2009
Perret...
Parce qu'elle fait partie des (trop rares) citations recopiées sur mon petit carnet
que je l'ai relu ce soir là
que j'apprécie beaucoup Perret
je vous la livre ici
"Je n'ai rien contre l'Europe, au contraire, et la France fait partie de l'Europe qui fait partie du vieux continent, etc., mais je ne me suis jamais bien excité sur leur histoire de parlement européen. Encore un écran de fumée, avec ce relent de soufre habituel aux émanations démocratiques. Oui, voilà ce que je me suis dit, voilà où j'en suis à l'heure où les gens de bien nous pressent d'oublier un petit peu la patrie pour construire l'univers et nous conjurent de défaire un petit peu la France pour faire l'Europe. Quand on me parle européen, je réponds bailliage ou sénéchaussée, quand on me parle mondial je rétorque paroisse et quand on me parle social je réponds féodal. C'est ma façon d'être constructif. Sans doute je connais la rengaine : du fief à la province, de la province à la nation, de la nation à l'Europe et ainsi de suite ; on fait volontiers confiance à un idéal quand il a une petite allure nécessaire et fatale. Je n'ai aucune sympathie pour la nécessité, et la fatalité m'écœure. Bien sûr, unité, universalité, c'est un vieux rêve, une noble hantise ; et sur le plan temporel elle sert de caution à toutes les entreprises d'hégémonie, à toutes les tyrannies autocratiques et doctrinaires."
10 mai 2009
A lire absolument
Certains diront que je débarque puisque ce livre a déjà une dizaine d'années,
mais, si vous ne l'avez pas encore lu,
foncez!!!
Un livre extraordinaire, qui nous transporte aux sources du christianisme, qui nous plonge dans les civilisations romaine et juive de l'époque, qui nous rend témoins de ces moments bouleversants liés à notre rédemption.

Ce livre est un roman
mais il est plus que cela, comme j'ai pu le lire ici, il peut être aussi un chemin de conversion.
Le personnage de Ponce pilate nous renvoie aussi à nos propres faiblesses,
mais nous mesurons d'autant plus l'immense amour et l'extrême misericorde de Dieu.
Je n'ai pu m'empêcher de mettre aussi en parallèle notre société et celle de l'époque...
L'évocation des premiers chrétiens dans cette Rome décadente est édifiante.
Beaucoup de valeurs sont évoquées, belles en soi, mais insuffisantes pour donner sens à notre vie...
Qu'est-ce qui peut lui donner un sens???
Qu'est-ce que la Vérité???
Ce livre est bouleversant!!!
11 décembre 2008
C'est du Raspail!
Pour tous les albatrocités obscurantistes (ça c'est du Perret ;-) ) de mon espèce qui savoureront sans aucun doute...
Pour tous les autres aussi qui ne comprennent pas toujours qu'on puisse encore y être attaché...
"De la tenue"
S'il existe en français, pour s’adresser à autrui, deux pronoms personnels de la deuxième personne, l’un au singulier, TU, l’autre où pluriel, VOUS, appelé pluriel de politesse, c’est que notre langue se plaît à certaines nuances qui sont les bases de la civilité. Il ne s’agit pas là de code, de formalisme de classe, de snobisme, de règles mondaines, mais simplement d’usages naturels, qui se perdent et qui faisaient, entre autres, le charme et l’équilibre de la France et le plaisir d’être Français.
Ce plaisir-là s’émousse. On me dira que d’autres motifs plus graves et plus irritants y concourent, d’autres lésions de civilisation, et que c’est considérer les choses par le petit bout de la lorgnette, mais dans ce seul domaine de la civilité, de petites causes peuvent entraîner de grands effets dévastateurs.
La Révolution française, jusqu’à l’avènement du Directoire, savait ce qu’elle faisait en imposant le tutoiement général et en interdisant l’emploi des vocables Monsieur et Madame qui marquaient au moins une déférence réciproque : elle égalisait au plus bas niveau, celui du plus grand dénominateur commun de la familiarité.
Aujourd’hui, ce sont d’abord nos enfants que nous voyons condamnés à être partout tutoyés, comme sous la Révolution. Je ne m’en prends point au tutoiement naturel d’affection et d’intimité (la famille, les amis), ou de solidarité (les copains, les camarades,), mais à celui que leur infligent systématiquement les adultes, comme si l’enfant n’avait pas droit au respect et à la liberté de choisir selon son coeur et ses humeurs qui a, ou qui n’a pas, le loisir de le tutoyer.
D’une façon significative, et qui ne doit rien au hasard, cela commence dès l’école, où plus un instituteur ne prend la peine de vouvoyer (ou voussoyer) un enfant. Au premier jour de classe, l’ex-maître devenu enseignant par banalisation de la fonction et refus de cette sorte de sacerdoce qu’elle représentait autrefois, ne demande plus à l’enfant dont il fait connaissance: « Comment vous appelez-vous ? », ce qui serait au moins du bon français, mais : « C’est quoi, ton nom ? »
Sans que l’enfant en ait conscience, le voilà déjà rabaissé, marqué comme un élément de troupeau. On lui eût dit « vous » d’emblée, ainsi qu’à ses camarades, qu’ils en auraient retiré, tous ensemble, l’impression d’être considérés et appelés à de grands destins, ce qui est faux, naturellement, pour la plus grande partie d’entre eux, mais représente quand même un meilleur départ dans la vie que d’être ravalés dès l’enfance au matricule du tutoiement.
Le jeune élève va être vite conditionné. Dès qu’il saura lire et écrire, ses premiers livres « d’éveil » lui poseront leurs premières questions sous la forme autoritaire du tutoiement : « Dessine ici un arbre, une vache.... » ou encore : « Ecris les noms des fleurs que tu connais… » Ce n’est pas bien méchant, mais c’est ainsi que le pli se prend.
Au catéchisme, devenu catéchèse, l’accueil en TU n’es pas différent, mais ses effets en sont plus marquants, car il s’agit de choses plus graves : c’est l’âme qui se fait tutoyer d’entrée. L’ouvrage « Pierres vivantes » qui fit couler tant d’encre à cause de certaines énormités qu’il contient, distille son enseignement par le biais d’une complicité, et non d’un magistère, que le tutoiement impose à l’enfant.
Tout cela semble si bien admis, que c’est un aspect des choses que personne, à ma connaissance n’a jusqu’à présent souligné. On pose pour principe que l’enfant s’y trouve plus à l’aise. C’est sans doute vrai eu premier degré. Cette pente-là est facile et semble toute naturelle C’est justement pourquoi l’on devrait s’en méfier...
Car dans cet immense combat de société qui divise le pays depuis déjà longtemps, et qui est loin d’être terminé, quelles que soient ses péripéties politiques, nos enfants sont un enjeu formidable : ils représentent l’avenir. Tout se tient et c'est au nom de l'égalitarisme et de l'uniformité larvée qu'on prive ainsi l'enfant de la déférence élémentaire et du respect qu'on lui doit.
Le tutoiement qui sort de la bouche d'un instituteur, fût-il de l'enseignement privé, et de la plupart de ceux qui font profession de s'occuper des enfants, est d'abord un acte politique, même s'il est inconscient. Cela fait partie du dressage, et cela donne des résultats. Déjà, une bonne partie de la France adulte, et toute la France juvénile, se tutoient, dans un grand dégoulinement de familiarité, qu'on appelle aujourd'hui la CONVIVIALITÉ, mot de cuistre, alibi de cuistre, camouflage de cuistre. De la convivialité à la vulgarité, le pas est vite franchi.
Dans de nombreux milieux du travail, le tutoiement devient un passeport obligatoire, dont on ne saurait se passer sous peine de déviationnisme bourgeois, alors que, chez les compagnons d'autrefois, c'était le vouvoiement qui marquait l'esprit de caste. De CASTE, pas de classe.
Au sein du parti communiste, comme du parti socialiste, dans la "République des camarades", le tutoiement est de rigueur. Seul François Mitterrand y faisait exception lorsqu'il était premier secrétaire de son parti. Il détestait qu'on le tutoie, et allait jusqu'à l'interdire, ce qui montre assez bien, à mon sens, que son socialisme était seulement d'ambition et non de conviction...
Mais, pour le commun des Français, aujourd'hui, il importe de ne pas être FIER, car ce mot-là, justement, par ce qu'il entraîne de dignité et de sentiment élevés, est devenu l'un des nouveaux parias de notre vocabulaire.
Cela peut paraître sympathique, amical, empreint de simplicité. En réalité, ce n'est qu'un piège. Quand les convenances du langage tombent, l'individu perd ses défenses naturelles, rabaissé au plus bas niveau de la civilité. N'a pas d'autre but non plus la destruction de la langue française préparée dans les laboratoires subversifs de l'Education nationale, et dont on mesure déjà les effets...
Pour ma part, j'ai été dressé autrement. Je me souviens de la voix du maître qui tombait de l'estrade : «Raspail! Vous me copierez cent fois...» ou : «Raspail! Sortez!»
J'avais neuf ans. C'était juste avant la guerre, dans une école laïque de village. Plus tard, au lycée (et ce n’est pas pour rien qu’on a cassé certaines façons, là aussi), les professeurs nous donnaient naturellement du MONSIEUR sans la moindre dérision : « Monsieur Raspail, au tableau ! » On se vouvoyait entre condisciples, réservant le tutoiement à un nombre restreint de camarades choisis.
Choisir, tout est là ! Ne rien se laisser imposer sur plan des usages, ni le tutoiement d’un égal, ni à plus forte raison celui d’un supérieur.
Il y avait une exception, de ce temps-là : le scoutisme. Je me souviens de ma surprise quand je m’étais aperçu, à onze ans, qu’il me fallait tutoyer cet imposant personnage en culottes courtes qui devait bien avoir trente ans, et qui s’appelait le scoutmestre, et qu’à l’intérieur de la troupe tout le monde se tutoyait aussi avec une sorte de gravité. Mais il s’agissait là d’une coutume de caste, d’un signe de reconnaissance réservé aux seuls initiés, comme la poignée de main gauche, l’engagement sur l’honneur, et les scalps de patrouille, car le scoutisme avait alors le génie de l’originalité, une soif de singularité forcenée, dont nous n’étions pas peu fiers. On se distinguait nettement de la masse, on s’élevait par degrés à l’intérieur de cette nouvelle chevalerie, mais il fallait s’en montrer digne.
En revanche, on vouvoyait Dieu. Cela nous semblait l’évidence même. La prière scoute chantée commençait ainsi: « Seigneur Jésus, apprenez-moi à être généreux, à Vous servir comme Vous le méritez... » C’est la plus belle prière que je connaisse. Il m’arrive encore de m’en servir. Voit-on comme la musique des mots eût été différente à la seconde personne du singulier, et comme elle parlerait autrement à l’âme: « ... A Te servir comme Tu le mérites. » ? C’est sec, cela n’a pas de grandeur, cela ne marque aucune distance, on dirait une formalité. Et cependant, aujourd’hui, c’est ainsi que l’on s’adresse à la Divinité, on lui applique le tutoiement le plus commun en français. Et le reste a capoté en série: la liturgie, le vocabulaire religieux, la musique sacrée, le comportement de la hiérarchie, la laïcisation du clergé, la banalisation du mystère, si l’on s’en tient aux seules lésions apparentes. Dieu est devenu membre du parti socialiste. L’usage est de le tutoyer.
Au chapitre des habitudes, ou plutôt des attitudes, j’ai conservé celle de vouvoyer aussi les enfants qui ne me sont pas familiers, et d’appeler Monsieur ou Mademoiselle les jeunes gens que je rencontre pour la première fois. La surprise passé, ils me considèrent avec beaucoup plus de sympathie, et j’ai même l’impression qu’ils m’en sont reconnaissants. Nous tenons des conversations de bien meilleure venue, et les voilà qui se mettent à surveiller leur langage, c’est-à-dire à s’exprimer correctement en français, comme si d’avoir été traités avec déférence leur donnait des obligations nouvelles et salutaires. Les négations et les liaisons réapparaissent miraculeusement dans la phrase (je n’ai pas, au lieu de j’ai pas, c’est-t-un an lieu de c’est-h-un, etc.), la prononciation se redresse (je suis pour chuis, je ne sais pas pour chais pas, etc.), le goût de l’élégance verbale ressuscite. Faites vous-même l’essai, vous verrez. La dignité du langage et la dignité de la personne se confondent le plus souvent. Voilà pourquoi l’on parle si mal en ce moment…
Oserai-je avouer ici que mes enfants me vouvoient, et vouvoient également leur mère ? Cela depuis leur plus jeune âge, et sans aucun traumatisme. Sans vouloir convertir personne à ce qui peut paraître une ostentation, là aussi il faut constater que le langage courant au sein de la famille s’en trouve naturellement affiné. Et même dans les affrontements, qui ne manquent pas, un jour ou l’autre, vers la fin de l’adolescence, d’opposer les enfants à leurs parents, le vouvoiement tempère l’insolence et préserve de bien des blessures. Il en va de même entre époux, encore que ce vouvoiement-là soi devenu aujourd’hui une sorte de curiosité ethnographique, et Dieu sait pourtant les services de toutes sortes qu’il rend. Je le pratique depuis trente-cinq ans que je suis marié. C’est un jeu divertissant, dont on ne se lasse jamais. Même dans le langage le plus routinier, l’oreille est toujours agréablement surprise. Les scènes dites de ménage, fussent-elles conduites avec vigueur, s’en trouvent haussées à du joli théâtre. On a envie de s’applaudir et de souper ensemble au champagne après le spectacle. Toutes les femmes qui ont compté dans ma vie, je les ai toujours voussoyées, et réciproquement, pour l’honneur de l’amour en quelque sorte. Puis-je espérer, sans trop, y croire, que, tombant sur cette chronique, un jeune couple s’en trouvera convaincu, au moins curieux de tenter l’expérience ? En public, ils étonneront les autres, ce qui est déjà une satisfaction en ces temps d’uniformité où se nivellent médiocrement les convenances sociales. En privé, ils s’amuseront beaucoup aux mille et une subtilités, du vous, et je prends le pari qu’ils ne rebrousseront pas chemin de sitôt.
Dans un tout autre domaine, j’assistais récemment aux obsèques d’un ami cher, Christian, de son prénom, mais il avait aussi un nom, fort joli nom d’ailleurs. Eh bien, le prêtre, qui l’avait jamais vu vivant, qui ne l’avait même jamais vu du tout, le trairait à tu et à toi, selon les piètres dispositions du nouvel office des morts : « Christian, toi qui.. Christian, toi que... Christian, Dieu te... et ta famille... » Exactement comme pour les enfants sans défense ! En vertu de quoi, au nom de quoi, la familiarité doit-elle répandre ses flots visqueux jusque sur les cercueils ? Bossuet tutoyait-il les princes en prononçant leurs oraisons funèbres ? Or chaque défunt est un roi, enfin couronné, et sacré à jamais. Quant au nom patronymique de Christian, celui sans lequel le prénom de baptême n’est rien, il ne fut pas une seule fois prononcé ! Et pourquoi pas la fosse commune obligatoire, dans la même foulée...
Car me frappe tout autant, l’emploi généralisé du prénom seul, en lieu et place du patronyme précédé on non du prénom, et cela dans toutes les circonstances de la vie où il n’est pas nécessaire de présenter une carte d’identité : « C’est quoi, ton nom? Serge. Moi, c’est Jocelyne... » Serge qui ? Jocelyne qui ? Les intéressés eux-mêmes semblent ne plus, s’en soucier. Il y a des dizaines de milliers de Serge, des dizaines de milliers de Jocelyne, alors qu’il n’existe qu’un seul Serge X., qu’une seule Jocelyne Z. Mais on se complaît dans l’anonymat. On y nage à l’aise, on s’y coule avec délices, on n’y fait pas de vague, semblable aux milliers de milliers, on n’éprouve pas le besoin de faire claquer son nom comme un drapeau et de brandir ce drapeau au dessus de la mêlée.
Qu’on se rassure, toutefois. Il nous restera au moins à chacun, le numéro matricule de la Sécurité sociale. Celui-là, on y tient.
J’en connais même qui se battront pour ça...
Jean Raspail
Vous pouvez aussi retrouver ce texte et bien d'autres ici...
01 octobre 2008
Pour accompagner ma bannière et parce que tous ces noms d'étoffes, de vêtements me font rêver...
M. de Bocambis parut sur la dunette, fringant et drapé comme un oiseau des îles. Encore ce matin-là ne portait-il qu'un habit de veloutine jonquille à parements d'or vert un peu fripé par la sieste, culotte bois-de-rose et bas crème, soulier de fin galuchat.
...
Déjà trois coffres étaient vidés et il continuait à sortir, déplier, secouer, rejeter les pourpoints, justaucorps, rhingraves, manteaux à collet, culottes brodées, cols de lingerie, hauts et bas-de-chausses, chemises bouillonnées à la muguet, fraises montées à la philosophe.
...
M. Goas de Goarant se rendait à la collation du capitaine, vêtu de son habit familier, soit le pourpoint bleu ciel doublé de blanc... Le costume était incomplet, il y manquait le grand manteau, le capuchon cramoisi et la toque de héron, mais il y avait deux jarretières bleues à boucles de diamant.
(Jacques Perret, "Le vent dans les voiles")
25 juin 2008
Petite phrase...
Une toute petite phrase entendue cette année (de ces petites phrases qui nous élèvent et que l'on devrait noter précieusement dans un petit carnet pour les relire de temps en temps et repartir libre de faire ce que l'on doit !) :
Notre culture religieuse doit être proportionnée à notre culture profane!
Gloupssss!!!
Plus facile de passer trois heures à feuilleter ma collec' de MCI et Campagne Déco pour la énième fois que de me plonger dans un bouquin spi...
Grâce à une amie, je viens de découvrir:
G. Hunermann
Des vies de saints qui se lisent comme des romans, un vrai bonheur!!!
J'ai donc découvert ainsi la vie admirable du bienheureux père Damien de Veuster (L'apôtre des lépreux, biogaphie ici) et je découvre la vie de Saint Antoine de Padoue (Le héraut de Dieu) que je ne connaissais absolument pas (et pourtant nous avons trèèès souvent recours à lui!)
Avec un peu (beaucoup) de chance, on peut trouver ces bouquins dans la bibliothèque de ses grand-parents ou chez Emmaüs pour pas grand-chose (surtout dans l'Est).
Ils sont fac-similés mais ils sont assez chers.
Si par hasard vous en trouvez et ne souhaitez pas les garder pour vous, je suis preneuse!!!
05 juin 2008
Post littéraire
Depuis le temps que je voulais vous parler de ce livre
Merci à Mam'bréchou et son tag de me pousser à le faire!
"Passeurs de vie" de Xavier LACROIX
Un essai passionnant sur la paternité, le titre seul est déjà magnifique!
Le philosophe éclaire le sens de la différence entre paternité et maternité, qui passe par celui de la différence se&uelle. Il plaide pour une articulation du parental et du conjugal, ou encore du charnel et du spirituel. Il envisage une paternité qui ne repose pas sur la seule qualité du lien père/enfant mais sur bien d'autres liens encore.
Je vous livre un passage:
"C'est dans la génération que la différence se&uelle est la plus irréductible et réciproquement, c'est l'intégration de cette différence qui rend la génération relationnelle et incarnée, c'est-à-dire issue indissociablement de la parole et de la chair. L'intégration de cette différence exige et permet la prise en compte de l'un des aspects les plus fondamentaux de notre finitude: ne pas être tout. La relation à la génération s'avère alors être le lieu soit de la rencontre de notre finitude primordiale, soit de son déni le plus radical."
Je disais donc que j'avais été taguée...

Extrait donc du livre ci-dessus, mon livre de chevet du moment:
"La différence a trop souvent été confondue avec l'inégalité, mais sa négation a toujours lieu au profit d'un des deux genres, sous une égalité de façade: aujourd'hui au détriment de la paternité.
L'heureuse alliance de l'égalité et de la différence peut apparaître comme un idéal inaccessible...
Et pourtant, elle tourne, la famille; elles existent, la paternité et la maternité heureuses."
Cinq ça fait beaucoup, j'étiquette juste Margot qui a l'air de pas mal bouquiner ces derniers temps, enfin si elle a un moment et si tous ses livres ne sont pas dans les cartons...
Et je ne résiste pas à l'envie de vous offrir une dernière petite citation pour la route...
(et pour celles qui ont lu le post jusque là)
Allez savoir pourquoi ce petit passage m'a plu...
"Au XIXe siècle, Balzac a lancé la fameuse formule:
"La Révolution a coupé la tête à tous les pères de familles."
Entre paternité et monarchie, il y avait affinité. Qu'en sera-t-il entre paternité et démocratie?..."
12 mai 2007
4 livres...
A la demande de la Mère l'Oie...
Les 4 livres de mon enfance
La comtesse de Ségur (je suis incapable de faire un choix dans tous les ouvrages que j'ai lu d'elle)
Le grand Meaulnes d'Alain Fournier
Le petit Lord
Et si on a le droit à des BD: les Tintin
Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore
Raspail
La Varende
Perret
Volkoff
Les 4 auteurs que je n'achèterai (ou n'emprunterai) probablement (surement)plus:
Sartre
Camus
Zola
Et certainement beaucoup d'autres... mais là ça ne me revient pas...
Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte:
Mon Missel
Le Cheval Rouge de Corti (parce que j'ai beaucoup aimé et que c'est un pavé que je n'aurai pas le temps de relire de sitôt...)
L' Anneau du Pécheur de Raspail
La trilogie de Volkoff sur la Russie des tsars ou Le Montage
Les 4 premiers livres de ma liste à lire (LAL) :
Comme le temps passe de Brasillach (à relire)
J'ai rêvé d'un château de Michel Guyot
Et peut-être un Trilby et un signe de piste (je ne les ai pas lus quand j'étais petite et dès que j'en ai un entre les mains, je ne peux pas résister!)
-Les 4 x 4... derniers mots d'un de mes livres préférés
La Varende "Les Manants du Roi" ( nouvelle: "Comment ils surent..."):
"Les bordiers, les paysans, les tâcherons, les voisins humbles et les petits propriétaires étaient venus. Ils défilèrent pour serrer les mains, ainsi qu'à l'enterrement. Leur loyalisme avait compris que le seigneur restait le plus proche de Celui qui n'était plus, dont on apprenait le trépas; Celui qu'on avait mis à mort la veille, la veille de ce jour, qui était en effet le
22 janvier 1793"
Les 4 lecteurs/lectrices dont j'aimerais connaître les 4 :
A qui le tour? Peut-être ChichisPompons, Capucine, Perrine et PapaMamanbrodent...
11 avril 2007
Apostrophes
Je me décide ce soir à vous faire entrer dans mon univers littéraire (vous en avez de la chance!)...
Jacques Perret pense que le char du progrès n'est plus maître de sa course et c'est pourquoi il s'amuse à lui mettre des Bâtons dans les Roues (extrait).
"L'art qui fut jadis la chose du monde la plus répandue, a besoin de toutes les complicités pour survivre tant soit peu dans la marée du collectif qui charrie le mauvais goût en gros et en détail.
Ce disant il va de soit que je m'abandonne au préjugé réactionnaire de l'humanité en marche, coude à coude, au pas gymnastique et fonçant dans le brouillard avec la lumière dans le dos; et même à l'instinct populaire qui se met en boule devant n'importe quel novateur sans pouvoir imaginer qu'il sera glorifié demain.
Je me fiche un peu de l'opinion de demain.
Demain n'est pas tout cuit et demain peut se mettre le doigt dans l'oeil.
On fait toujours juger hier par demain; le contraire serait très instructif aussi.
Peut-être que le vice et la vertu sont également répartis à travers les siècles, je n'en sais rien, mais pour ce qui est des arts il y a eu des trous et nous en prévoyons de fameux; il se peut même que l'art ne soit pas immortel et, si ça se trouve, il est mort depuis longtemps.
Bien des morts de ce genre passent inaperçues à la faveur des fantômes qu'elles nous laissent.
J'envisage de plusieurs façons la mort de l'art, à commencer naturellement par l'asphyxie rationnelle des artistes sous le poids du social.
Je ne tiens pas à vous décrire la chose dans ses horribles détails.
Mieux vaut parler du véritable amateur qui réussira bien à se débrouiller dans un monde sans artiste, pour peu qu'il y ait encore, de-ci de-là, quelques nuages dans le ciel ou trois pommes sur le coin d'une table; et dans l'hypothèse où ces contemplations lui seraient refusées, il aura toujours à sa disposition un intarissable trésor dans la doublure de ses paupières."
Et voilà de quoi illustrer cette tirade...
Vous aurez compris que je suis plus
,
ou 
que
,
ou
...

